blog paradisland
La guerre
Depuis six mille ans la guerre
Plaît aux peuples querelleurs,
Et Dieu perd son temps à faire
Les étoiles et les fleurs.
Les conseils du ciel immense
Du lys pur, du nid doré,
N'ôtent aucune démence
Du coeur de l'homme effaré.
Les carnages, les victoires,
Voilà notre grand amour;
Et les multitudes noires
Ont pour grelot le tambour.
La gloire, sous ses chimères
Et sous ses chars triomphants,
Met toutes les pauvres mères
Et tous les petits enfants.
Notre bonheur est farouche;
C'est de dire : Allons!Mourons!
Et c'est d'avoir à la bouche
La salive des clairons.
L'acier luit, les bivouacs fument;
Pâles, nous nous déchaînons;
Les sombres âmes s'allument
Aux lumières des canons.
On pourrait boire aux fontaines,
Prier dans l'ombre à genoux,
Aimer, songer sous les chênes,
Tuer son frère est plus doux.
On se hache, on se harponne,
On court par monts et par vaux.
L'épouvante se cramponne
Du poing aux crins des chevaux.
Et l'aube est là sur la plaine!
Oh!J'admire, en vérité,
Qu'on puisse avoir de la haine
Quand l'alouette a chanté.
Victor Hugo
La guerre
Depuis six mille ans la guerre
Plaît aux peuples querelleurs,
Et Dieu perd son temps à faire
Les étoiles et les fleurs.
Les conseils du ciel immense
Du lys pur, du nid doré,
N'ôtent aucune démence
Du coeur de l'homme effaré.
Les carnages, les victoires,
Voilà notre grand amour;
Et les multitudes noires
Ont pour grelot le tambour.
La gloire, sous ses chimères
Et sous ses chars triomphants,
Met toutes les pauvres mères
Et tous les petits enfants.
Notre bonheur est farouche;
C'est de dire : Allons!Mourons!
Et c'est d'avoir à la bouche
La salive des clairons.
L'acier luit, les bivouacs fument;
Pâles, nous nous déchaînons;
Les sombres âmes s'allument
Aux lumières des canons.
On pourrait boire aux fontaines,
Prier dans l'ombre à genoux,
Aimer, songer sous les chênes,
Tuer son frère est plus doux.
On se hache, on se harponne,
On court par monts et par vaux.
L'épouvante se cramponne
Du poing aux crins des chevaux.
Et l'aube est là sur la plaine!
Oh!J'admire, en vérité,
Qu'on puisse avoir de la haine
Quand l'alouette a chanté.
Victor Hugo




